Le Pato, le sport national par excellence

Régulièrement, les gauchos des estancias de la région de San Antonio de Areco se retrouvent pour partager une partie de Pato, c’est pour nous l’opportunité de vous expliquer en quoi consiste ce jeu, et de vous raconter son histoire.

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Démonstration de Pato à l’estancia el Ombu

Les premiers pas du Pato en Argentine

Le jeu du Pato existe en Argentine depuis le début du XVIIe siècle, comme l’explique le naturaliste espagnol Felix de Azara : « Deux équipes à cheval s’affrontent et décident de deux points éloignés l’une lieue (environ cinq kilomètres). Un canard vivant est introduit dans une balle de cuir, sa tête sortant de la balle. Deux poignées (ou plus) sont cousues sur cette balle. Les deux joueurs les plus robustes de chaque équipe se rejoignent à mi-distance des deux points choisis, tiennent la balle et tirent avec force jusqu’à ce que le joueur le plus fort la garde en mains, quitte à ce que l’adversaire tombe au sol s’il ne veut pas la lâcher.

Le vainqueur de cette lutte part sur son cheval au galop, l’équipe adverse le suit et essaie de l’entourer pour s’emparer de la balle en l’attrapant par une des poignées. L’équipe gagnante est celle qui amène le pato jusqu’à l’endroit choisi ».

Le jeu est devenu sport national en 1953, grâce à son ancrage dans la culture gauchesque et à son rôle traditionnel. À la fin du XXe siècle, la ville de General Las Heras a même été surnommée « capitale du Pato ». C’est le sport le plus représentatif de la culture hispano-américaine de tous les temps.

En quoi consiste le jeu aujourd’hui ?

Le jeu, audacieux et violent, exige que les joueurs soient sportifs et qu’ils respectent les règles du jeu. Des équipes de quatre joueurs s’affrontent : le but est de faire rentrer le pato dans un panier, cela grâce à des passes entre les membres de la même équipe, pour contrer la tactique de l’adversaire. Le terrain mesure entre 180 et 220 mètres de longueur et 80 à 90 mètres de largeur. Les paniers sont situés aux deux extrémités de ce terrain, sur des poteaux de 2,40 mètres de hauteur.

Le pato est aujourd’hui une balle de cuir remplie d’une chambre à air. Sur les trois bandes de cuir qui recouvrent la balle sont cousues des poignées attachées symétriquement. Le joueur qui a le pato en mains doit impérativement le tenir avec le bras droit perpendiculaire à son corps pour qu’il soit à la vue et à la portée des adversaires. N’importe quel mouvement qu’un joueur fera pour empêcher que son adversaire s’empare de la balle lui vaudra une sanction, sauf si le mouvement a pour objectif de faire une passe ou de marquer un but.

Si un adversaire réussi à prendre le pato, il y a « cinchada » : aucun des deux cavaliers n’a le droit de s’asseoir sur la selle ou sur le cheval, c’est-à-dire qu’il doit diriger son cheval grâce aux rennes pour atteindre le pato.

Les compétitions de Pato

La Fédération nationale de Pato est propriétaire du « Campo Argentino de Pato » à Campo de Mayo, à 30 kilomètres à l’ouest de Buenos Aires. C’est à cet endroit que se déroulent les tournois de pato qui ferment le Campeonato Argentino Abierto, le plus grand événement de ce sport se déroulant au Campo Argentino de Polo à Palermo. C’est un des terrains de polo les plus beaux du monde.

Le Campo Argentino de Pato a une superficie de 20 hectares et dispose de deux terrains réglementaires, dont un ayant une tribune abritée. Chaque terrain est arrosé par aspersion et est situé au milieu d’un bois.

Des installations complémentaires sont mises en place pour pouvoir accueillir simultanément une centaine de chevaux ainsi que des enclos, des marres, des rampes de chargement et des clôtures pour les joueurs et le public.

Sources : Federación Argentina de Pato et le journal La Nación.

Gauchos de Areco jouant au Pato

Gauchos de Areco jouant au Pato

Traduit de l’espagnol vers le français par Amélie Clarys

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