Histoire de San Antonio de Areco

San Antonio de Areco a été fondée en tant que Pagos de Areco en 1730, époque de la construction de sa première chapelle dédiée à Saint Antoine de Padoue.

Avant d’être conquise par les espagnols, la région était peuplée par les autochtones tels que les Ranqueles, les Querandíes ou encore les Pampas. Sous le poids de la « civilisation » espagnole, les tribus ont peu à peu disparues laissant place au métissage entre indiens, conquistadors et esclaves noirs. C’est d’ailleurs de là que va naître l’emblématique Gaucho ; un sang-mêlé au teint basané et au sang chaud.

Ranquel – Illustration du peintre Francisco Madero Marenco

Ranquel – Illustration du peintre Francisco Madero Marenco

Au début du XVIIIè siècle, la place principale Ruiz de Arellano servait de corral aux premiers estancieros  (propriétaires de ferme) qui avaient fondés la ville. Ces colons, envoyés par le roi d’Espagne, avaient pour objectif d’occuper les nouveaux territoires de la Pampa et d’en cultiver la terre. C’est autour de la place du village aux allures coloniales que va se développer la petite bourgade, rythmée par les travaux quotidiens des gauchos et autres paroissiens.

Parroquia San Antonio de Padua y plaza Arellano.

La chapelle San Antoine de Padoue & la place principale Ruiz de Arellano

En 1857 est construit le pont de Martinez, qui par la suite prend le nom actuel de Puente Viejo (Vieux Pont). Pour le franchir il fallait payer un droit de passage : le premier péage d’Argentine était né ! Ce pont se trouve sur l’ancien chemin royal (Camino Real) qui, avant l’indépendance Argentine, reliait le Alto Peru (grosso modo l’actuelle Pérou et Bolivie) à Buenos Aires.

San Antonio de Areco abrite depuis des siècles les traditions et les coutumes inspirées par les gauchos, mais le village a embrassé toute sa renommée suite à la parution en 1926 du célèbre ouvrage Don Segundo Sombra, qui retrace la rencontre entre un gaucho et un orphelin à la Blanqueada, une pulperia emblématique de San Antonio de Areco.

Segundo Ramirez, el gaucho que inspiro a Ricardo Güiraldes en su obra "Don Segundo Sombra".

Segundo Raminez, le gaucho qui a inspiré Ricardo Güiraldes dans son roman « Don Segundo Sombra »

Le poète et romancier argentin Ricardo Güiraldes a reçu le Prix National de Littérature pour ce livre. Plusieurs historiens et la population locale soutiennent que le personnage principal de son roman lui a été inspiré par Segundo Ramírez, un gaucho charismatique de la commune qui travaillait à l’estancia La Porteña (qui appartenait alors à la famille Güiraldes) où il aurait vécu un certain temps, mais aussi à l’Estancia La Fe, avant d’aller finalement vivre au village pour travailler à l’Estancia La Lechuza.

Le village a su conserver au fil des siècles son patrimoine et son identité, devenant un des lieux historiques les plus visités de la province de Buenos Aires.

En 1999, la Commission nationale des musées, monuments et sites du ministère de la Culture a déclaré monuments historiques nationaux les lieux suivants: le Vieux Pont, le Parc Criollo, le Musée Ricardo Güiraldes, la pulpería « La Blanqueada », l’église Saint Antoine de Padoue, la mairie et la maison principale de l’Estancia La Porteña.

Le 20 Janvier 2015, le Congrès argentin a adopté la loi n°27105 distinguant San Antonio de Areco du titre de Capitale Nationale de la Tradition!

 

San Antonio de Areco, Argentina.

Le Vieux Pont, emblème du village